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Le chêne Tauzin s’installe en forêt de Fontainebleau

Sur les 53 000 arbres plantés pendant l’hiver 2023-2024, on dénombre un certain nombre de chênes dits plus résistant au changement climatique. Parmi eux, le chêne. Tauzin. Appelé plus communément « tauzin », le Chêne pyrénéen (Quercus pyrenaica) joue d’habitude à cache-cache dans les forêts des bords de Loire. Ses exigences et son comportement est différent des autres chênes.

Cet arbre dit pionnier et donc nomade, possède des feuilles duveteuses (voir nos photos) sur les deux faces, au limbe profondément lobé. Il possède une écorce sombre. Il se distinguait de par sa feuillaison tardive (fin mai). Mais le réchauffement a dû déjà modifier cette habitude. Il a aussi un port tortueux variant entre 15 et 20 mètres de haut. Originaire de la péninsule ibérique il était en limite nord-est d’aire de répartition. Il aurait été favorisé autrefois pour la qualité de son charbon de bois et son écorce appréciée des tanneurs.

Il s’observe principalement sur des sols pauvres en éléments minéraux et souvent engorgés. Il est donc déjà très présent en Sologne et Forêt d’Orléans, en mélange avec les chênes sessile et pédonculé ainsi qu’en sous-étage des peuplements résineux.

Quand le tauzin domine, il forme un habitat intéressant pour les zones Natura 2000. En pays de Loire, il peut accueillir la

Huppe fasciée, d’ailleurs de redoutables prédateurs de parasites (processionnaire du pin...). Elle serait la bienvenue à Fontainebleau non ?

Si l’essence offre peu de perspectives économiques (bois de chauffage uniquement), elle présente un réel intérêt patrimonial et contribue à la diversité génétique de nos chênaies puisqu’elle s’hybride avec les chênes sessile et pédonculé. Un atout donc, en principe pour l’adaptation au changement climatique !

Dans les parcelles résineuses, les feuillus, dont le tauzin, améliorent l’humus et constituent des pare- feu.

Dans les peuplements mélangés, il est conseillé de conserver les vieux spécimens lors des coupes. En plus de leur rôle écologique, ils serviront de semenciers.

Alors le chêne Tauzin, futur roi des forêts à Fontainebleau ? Pour l’instant, le chêne Sessile plus adapté à la production de bois d’œuvre reste privilégié à Fontainebleau, avec un zeste de chênes pubescent, qui lui normalement pousse sur des sols calcaires.

Pascal Villebeuf

Président de l’association Sauvez la Forêt de Fontainebleau

Vice-président de la fédération de l’Appel des forêts en Ile de France.

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