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FORÊT DE FONTAINEBLEAU : FRÉDÉRIC MILLET, SCULPTEUR SUR BOIS ITINÉRANT ET LIBERTAIRE

Dernière mise à jour : 21 févr. 2023




FEUILLETON : ÉPISODE 1


« Je ne suis pas un artisan, mais un artiste. Je ne fais aucun tracé sur l’arbre mort. La forme humaine m’apparaît et sort naturellement du bois ! » On murmure son nom comme une feuille qui vole au vent. De par sa personnalité, cet être humain mérite plus qu’un simple bas de page d’une Locale. C’EST l’artiste qu’il faut raconter. Mais c’est aussi beaucoup un flanc de marginalité qui fait partie de notre société. Ceux qui ont décidé de vivre autrement, d’assumer leurs opinions, leurs contradictions, en toute liberté. Certains vivent en communauté. Contrairement à ce que l’on croit ils sont, discrètement assez nombreux. J’en connais parmi ce que l’on appelle à tort la nouvelle génération. Ils partent dans la Creuse ou les Cévennes. Beaucoup pratiques l’es médecine-douces, l’art du cirque, le bio.

Mais nous parlons peu des être humains qui ont un long vécu et qui décident, après avoir été dans le cadre du tableau, d’en sortir. C’est le chemin qu’a choisi Frédéric Millet, 62 ans, originaire du secteur de Fontainebleau. « Je suis sans domicile fixe depuis sept ans, par choix et par nécessité » confie ce dernier. Sa maison, c’est un Ford Transit de 40 bougies. C’est plus une caravane, qu’un véhicule normal. Il y a installé un lit, un bureau, une plaque pour cuisiner et son établi pour sculpter. « Je suis rustique comme garçon » s’en amuse t-il. Pourtant, grâce à un panneau solaire, il peut quand même disposer des outils modernes dont il ne peut pas se passer : informatique, lumière. Il adore aussi les films sur Amazon Prime. Et écoute toutes les musiques, même Rihanna!! Et c’est dans ce camion qu’il était, voilà quatre ans déjà, sur le parking du Bivouac de Bourron Marlotte.

Il suffit de monter la route forestière qui monte et vous découvrirez un tronc de hêtre, sans son écorce. Et comme une bosse. Un dos large. C’est l’histoire d’un mec qui enlace un arbre, avec, comme le souligne Frédéric Millet, « un air espiègle ». C’est le principe de la matière morte qui continue à vivre. « Je ne fais aucun tracé sur l’arbre. La forme humaine en sort naturellement. » Frédéric ne veut pas imposer ses œuvres. « Je sculpte toujours un arbre mort-respect à la nature vivante-. Mais pas au bord du chemin, un peu plus loin » (sauf exception). Ses œuvres de poésie forestière se retrouvent à Fontainebleau, dans le Tarn et Garonne ou ailleurs selon ses périples. Pour l’instant, une quinzaine de sculptures. ET nous allons vous faire découvrir toutes celles de Fontainebleau. Combien ? Mystère. Vous en connaissez 3 ou peut-être 4. Mais les autres ? Frédéric Millet, cet artiste discret, de par sa façon de mener sa vie, nous projette sur ce que sera peut-être notre fin du monde, ou sa renaissance. Ce n’est pas métro-boulot-dodo. C’est un pli de notre société. Le pli de ceux qui choisissent de vivre à la marge. Et qui sont plus ou moins bien vus de nos bien pensantes habitudes. Regardez ces marque de gouges sur la sculpture. Le coup de massette de l’artiste, les cicatrices de l’artiste, les cicatrices de la société, de la vie. Si vous respectez la nature. Si vous savez vous y fondre, vous pourrez découvrir à Bourron, une seconde sculpture, bien cachée. N’allez pas dans la réserve biologique intégrale de la gorge aux Loups, c’est interdit. Non Fred sculpte au milieu de parcelles ordinaires, des arbres quelquefois extra-ordinaires.



Fin du Premier Épisode.

Pascal Villebeuf

Reporter

Président de l’association Sauvez la Forêt de Fontainebleau.



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