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Forêt de fontainebleau : Des écoponts pour favoriser et rétablir de nouveaux couloirs écologiques!!!

A VILLIERS SOUS GREZ. Reportage.



En passant sous un tunnel de l’Autoroute A6, à hauteur de Villiers sous Grez (direction Larchant), on aperçoit depuis quelques semaines, un nouvel ouvrage qui passe par dessus, recouvert de planches en bois. Il s’agît d’un éco-pont réalisé par la société APRR, qui devrait permettre de rétablir les continuités biologiques, interrompues voilà soixante ans, lors de la construction de l’autoroute A6. C’est un projet qui est évoqué depuis au moins trente ans, mais qui faute de budget et peut-être d’actualité pour la biodiversité, n’avait pu être conduit à terme. Là, APRR a sorti son portefeuille avec un investissement total de 84 millions d’Euros, pour la construction de 19 éco-ponts dans le secteur de Lyon-Grenoble, Bourgogne (Côte d’or) et Yonne (A6) avec 9 éco-ponts. Et puis celui destiné à une continuité biologique du massif de Fontainebleau, à hauteur de la forêt de la Commanderie. Philippe Dehaye, conducteur d’opération grands projets chez APRR s’en explique. « Ces éco-ponts s’appelaient autrefois des

Passages à faune. Certains ont été réalisés voilà vingt ans sur l’A39, entre Dijon et Bourg-en-Bresse, avec une largeur de 10 à 15 mètres. Les études ont révélé que c’était mieux de voir plus large. Les nouveaux éco-ponts, dont celui de Villiers-sous-Grez mesure 25 mètres de large. Car les grands cervidés rechignent à s’engager dans des voies trop étroites. »

Mais comment en est on arrivé là?

Au début des années 60, la société de l’autoroute Paris-Lyon prend son essor. Des études de ont déjà démarré. Plusieurs tracés sont envisagés et les scientifiques et naturalistes proposent un tracé qui évite le secteur des Trois Pignons et de la Commanderie. En bref plus entre La Chapelle La Reine et Malesherbes. Mais finalement, l’A6 sera implanté au plus près d’Arbonne et de Villiers sous Grez. Cette saignée énorme va couper les traditionnels corridors de traversées naturelles des grands animaux, notamment les cervidés. Autrefois, les cerfs de la forêt d’Orléans et de Montargis venaient à Fontainebleau et inversement. C’est normalement un brassage indispensable, notamment pour la génétique de ces animaux. En tout cas, les spécialistes naturalistes qui entourent ce genre de projet ont bien conseillé le constructeur. « Sur le pont, nous avons mis en place un terrain sablonneux, avec une végétation correspond à l’environnement de l’éco-pont, type landes. Des blocs rocheux interdisent le franchissement en voiture et bien sur tout véhicules à moteur type motos sont interdits. Un panneau de recommandations sera bientôt posé pour dissuader les visiteurs de traverser le pont. Mais on pourra difficilement empêcher des randonneurs de le faire » souligne Philippe Dehaye. De son côté, l’ONF avec son technicien local, David Cudrax, indique qu’un suivi scientifique de la faune sera mis en place, avec notamment la pose d’appareils photo. C’est pour cela que nous ne voulons pas que ce pont ne soit emprunté par des humains. » En longeant l’autoroute où le grillage est en cours de réfection, on aperçoit un panneau d’avertissement danger, dans le sens Province-Paris. Attention franchissement de cervidés sur 6 kms. Eh oui malgré le grillage, il n’etait pas si rare qu’un animal veuille quand même traverser l’A6. Jusqu’à maintenant. « Le site de Villiers-sous-Grez est idéal, car les travaux ont permis que les pentes du pont ne soient pas trop en dénivelé. Les animaux aiment bien avoir une vue dégagée » précise APRR. Cette société en a aménagé 119 sur son réseau.

De son côté le réseau Vinci (4443 kms) compte plus de 1000 passages à faune. Exemple, à Brignoles dans le Var, un simple éco-pont permet de relier le massif des Alpes de Haute Provence à celui de la Sainte Baume. Il facilite notamment le déplacement des chamois, réintroduits dans la région dès 2005.

Il existe différents passages pour animaux. Les écoponts on ponts végétalisés aériens pour notamment les grands mammifères. Il y a ensuite les écoducs, des passages souterrains destinés à la petite faune : renards ou blaireaux par exemple. Mais connaissez vous les Chiroducs ? C’est un dispositif qui offre la possibilité aux chauve souris de voler à la bonne hauteur et donc d’éviter des collisions. Pour cela, il est créé une structure linéaire que les chauve-souris détectent grâce à leur système d’ultrasons.


Pascal Villebeuf

Reporter

Président de l’association Sauvez la Forêt de Fontainebleau

Légende photos.

Voilà différentes vues de l’écopont de Villiers-sous-Grez, sur l’A6.

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