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SAUVEZ LA FORÊT DE FONTAINEBLEAU ! : L’ASSOCIATION EST OFFICIELLEMENT NÉE!!!!! C’est l’action qui change les convictions !!!!




BONJOUR à toutes et tous. Je prends la plume pour vous annoncer une grande nouvelle pour l’écologie. L’association « SAUVEZ LA FORÊT DE FONTAINEBLEAU » EST OFFICIELLEMENT CRÉÉE, APRÈS l’approbation du préfet de Seine et Marne, voilà quelques jours. Cela fait plusieurs mois que nous réfléchissons à cette création. Pourquoi ? D’abord, il nous semble que nous avons un rôle à jouer pour booster l’écologie locale, au sujet du massif de Fontainebleau, de rajeunir le clan des bénévoles, mais aussi pour soutenir les habitants de toutes les communes, qui veulent conserver leurs espaces verts, leurs arbres. Notre but n’est pas de critiquer mais de faire avancer certains dossiers et d’être les acteurs vigilants et modernes de l’écologie forestière. Car l’avenir de notre massif est très incertain. La forêt et ses arbres sont épuisés. La sylviculture industrielle pratiquée entre les années 70 et 2010 a détruit et bouleversé un grand nombre d’écosystèmes des 25 000 hectares du massif. Hors les chaos rocheux type Franchard, Apremont, plâtières remarquables, type rocher de Milly et nos quelques réserves biologiques intégrales et dirigées (environ 2500 hectares), le reste des parcelles a été plus que malmenées. Coupes rases, labourages, utilisation de produits de synthèse type herbicide jusque dans les années 90, suppression du sous étage et donc de la fraîcheur intact d’une hêtraie ou d’une chênaie. Et donc dépérissement des essences, le tout accéléré avec le réchauffement climatique. Et je ne parle pas d’une erreur majeure : l’enrésinement massif avec l’introduction massive et le non contrôle de l’évolution du pin sylvestre que l’on peut considérer comme un invasif également. 


Résultat, des tas de parcelles autrefois en feuillus qui sont transformées en pinèdes, ce qui n’est pas l’idéal. La monoculture, en cas de maladies par exemple,  conduira à un taux de mortalité plus important que dans une parcelle équilibrée avec différents feuillus et quelques résineux, mais pas du pin sylvestre. Beaucoup de parcelles en régénération naturelle ou artificielle ne repoussent pas. Certaines parcelles constituent maintenant de futurs cimetières d’arbres. Il suffit de lever la tête vers leurs cîmes. Sans compter des risques importants d’incendie. 

La page d’une exploitation outrancière du massif semble tournée. Et l’état d’esprit est différent. Mais nous vous reparlerons de cette nouvelle politique. On peut quand même vous dire que L’ONF a replanté 41 000 plants à l’hiver 2021-2022 et prévoit 60 000 nouveaux plants pour l’hiver 2022-2023. A majorité des feuillus, avec le fameux chêne pubescent, plus résistant ou des chênes du sud ouest : chêne Tauzin ou chêne Chevelu (sud Europe). Il y aura aussi ça et là des pins maritimes, beaucoup de fruitiers. Il est sur que le visage de notre forêt a changé. Entre le début du siècle dernier et ses célèbres désert de Franchard et d’Apremont, le pin sylvestre a envahi tous ces chaos rocheux. Fini également les grands géants chênes ou hêtres. Ils deviennent rareté. Et il est plus que probable que dans 200 ans, on ne verra plus des arbres aussi hauts et aussi gros. Il est sur que de nombreux secteurs redeviendront des landes. Il faut quand même espérer que la concentration des arbres sera suffisante pour conserver un climat local suffisamment frais. C’est tout l’enjeu de l’avenir. Des peuplements non mono spécifiques, redévelopper le sous étage, booster encore la biodiversité partout. Et peut-être obtenir des coupes d’arbres avec moins de volume (actuellement entre 35 000 et 40 000 m3 par an). Autre gros enjeu majeur : la maîtrise et la réglementation du flux touristique. Notre collectif est d’ailleurs opposé au label UNESCO qui n’apportera que 30% de fréquentation touristique en plus. Et beaucoup de dégradations et donc des budgets de réparation encore plus important. 

Depuis quelques années, une nouvelle équipe de l’Office des Forêts à Fontainebleau semble décidée à prendre à bras le corps les dossiers importants, comprenant notamment la replantation et le développement de la biodiversité, les problèmes de surfréquentation du massif, etc etc. Notre association, dans ses principales actions, doit aider à la limitation des plantes et arbres invasifs type Prunus Serotina (merisier exotique), Phytolaque, laurier palme, ailantes…… Et bien d’autres qui pointent leur nez. Par des actions concrètes, dont des chantiers grand public. L’idée est que vous puissiez participer directement au renouveau de la forêt, même si la tâche s’annonce difficile. Beaucoup d’entre nous peuvent souffrir d’éco-anxiété. il est vrai que l’avenir est incertain. Mais autant être positif. Le passage à une action sur le terrain permettra de se rendre utile et de participer à un développement personnel mais dans un collectif. Et pour ceux qui hésiteraient ou même ne seraient pas convaincus par les actions de protection de la forêt, sachez que c’est l’action qui permet de changer les convictions. Nous préparons aussi de nombreux autres projets concernant la forêt, des conférences, la venue de nouvelles personnalités de l’écologie forestière, etc.

Si vous êtes intéressés par ce mouvement et les chantiers nature organisés toute l’année, Sauvez la forêt de Fontainebleau, vous pouvez nous envoyer un mail sur : sauvezlaforetdefontainebleau2022@yahoo.com. Ou nous trouvez sur Facebook.

Vous pourrez trouver de nombreuses informations inédites sur la forêt de Fontainebleau sur le site internet du même nom : http://sauvezlaforetdefontainebleau.com/

Vous pourrez bientôt adhérer à l’association à l’année, grâce à une somme très très modique pour nous soutenir. 

L’avenir de notre planète est entre nos mains. La mobilisation est incontournable. Liberté et innovation collective et non individuelle. Rejoignez nous !!!



Pascal Villebeuf

Président du collectif Sauvez la forêt de Fontainebleau

Membre de l’ANVL (naturalistes de Fontainebleau)

Membre du collectif Appel de la forêt (défense des forêts d’Ile-de-France). d

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LA VÉRITÉ SUR LA SYLVICULTURE DES FORÊTS PUBLIQUES

LES FORESTIERS ONT LA PAROLE

PAROLES DE TECHNICIENS ONF RECUEILLIS LE 31 OCTOBRE 2022 DANS LE CADRE DU VOTE DU BUDGET DE L’ONF À L’ASSEMBLÉE NATIONALE.

 
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SAUVEZ LA FORÊT DE FONTAINEBLEAU

SECRETS ET TABOU SUR LA GESTION D’UN PARC NATIONAL SACRIFIÉ
SAUVEZLAFORETDEFONTAINEBLEAU.COM
L’ACTUALITÉ EST SUR LE BLOG, LISEZ LE AU QUOTIDIEN. MERCI

Voilà ! J’inaugure un site web unique et original : sauvez la forêt de Fontainebleau !! Il se veut différent de tous les autres qui ne montrent que l’aspect beauté du massif. Alors que la légende que construisent certains organismes officiels, ne réflètent pas la réalité, loin de là. Pour l’instant, il n’existait pas de site qui analyse l’état réel de la forêt de Fontainebleau. Avec des vérités qui remettent en question la langue de bois de beaucoup et qui ne sont pas toujours agréables à entendre, par des organismes dits officiels. Ceci dit, il n’est pas question d’être négatif. On montrera également les bonnes initiatives. On voit que la pédagogie auprès du grand public, auprès des riverains et des autres est indispensable. Une majorité de promeneurs ou « consommateurs de forêt » ne la connaissent pas, n’ont pas de recul écologique sur le massif. Ne savent pas, qu’en dehors de quelques lambeaux écologiques et d’écosystèmes remarquables, type réserves biologiques ou plâtières, la forêt a été, oui déchiquetée, notamment entre les années 70 et 2000. Mais si les coupes rases ont officiellement disparu, après plus d’un siècle et demi de contestations et de batailles écologiques, le problème de fond, de la préservation du massif, est loin d’être résolu. Et pire, la situation s’aggrave, la gestion de l’Etat et d’un Établissement Public à Caractère Industriel et Commercial s’avère en partie inadapté en matière de sylviculture, accueil du public et surtout du maintien et du développement de la biodiversité. L’ONF (ÉPIC) s’appuie principalement sur le travail des associations locales : expertises, travaux répétitifs d’entretien des sentiers ou autres. Les budgets alloués à la biodiversité semblent émerger seulement depuis 2022. La replantation en forêt est insuffisante : 41 000 plants en 2021-2022 et 60 000 pour 2002-202 3. C’est insuffisant pour 25 000 hectares.  La volonté de lutter contre les plantes invasives (phytolaque, PRUNUS Serotina, Ailantes, laurier palme) est pour l’instant confiée à une association qui fait économiser 20 000 euros par an à l’EPIC. En dehors de quelques chantiers dits de mécénat et autres groupe scolaires. Jusqu’en 2021, la lutte contre les plantes et arbres invasifs n’était pas prioritaire. L’action du collectif « SauvezlaforêtdeFontainebleau » a fait progresser ce dossier. Car ce sujet fût très longtemps tabou, comme en forêt de Compiègne en 2003 (étude du conservatoire de Bailleul). EN 2022, ont démarré des expériences de plantations isolées (41 000 plants, à majorité feuillus et 1000 de cèdres, encore une tentative d’exotisme qui n’a aucun intérêt). Tout cela est bien insuffisant. En revanche, la protection d’écosystèmes dans les parcelles dites en production est quasiment absentes (voir l’article sur la hêtraie de la parcelle 673 et ses panneaux mensongers). Ce n’est pas l’affichage de la conservation de quelques arbres morts (biodiversité) qui pourrait cacher la forêt de coupes injustifiées, au regard des avancées scientifiques (la promesse des arbres de Peter Wohlleben). Oui la coupe par futaie régulière (coupe rase) a été abandonnée à Fontainebleau et dans les forêts d’Ile-de-France.  Mais on préconisait la futaie jardinée dès 1911 !!!!! Mais les grandes coupes d’éclaircies ne sont pas meilleures. Bien sur, l’action de notre collectif sauvez la forêt de Fontainebleau qui regroupe des centaines de personnes ne veut pas condamner les forestiers ou ceux que l’on appelait du temps des Eaux et Forêt, avant 1970, les gardes forestiers. Quelques personnes de l’EPIC font courir ce bruit. Non, 100 fois non. Si l’on souvient du débat pour un Parc National à Fontainebleau, initié par l’ANVL (association des naturalistes de la vallée du Loing et de Fblo) et la mairie, il était justement question de renforcer le rôle des forestiers et même d’augmenter leur effectif à Fontainebleau. Mais au nom de la biodiversité. Pas d’une sylviculture classique et dépassée. Les écosystèmes doivent passer avant l’exploitation.  Nous avons tous vu que la tension est forte au sein de l’EPIC, qui a failli être privatisé. Avec un plan de redressement soulignant la disparition de plusieurs centaines d’emplois. Alors nous comprenons que les forestiers soient sous tension, soient stressés et n’apprécient pas les critiques. Mais les critiques visent la direction.  Il est compliqué de remettre en question une institution, ses habitudes, son carcan de culture avec sa phrase favorite : nous faisons la forêt de demain. Ce qui était valable, peut-être à une époque où l’on ne connaissait pas bien comment fonctionne l’écosystème des arbres, ne l’est plus. Mais il faut le reconnaître, puis l’accepter, puis évoluer et éventuellement reconnaître ses erreurs. Et c’est compliqué. Et puis il y a la pression de la filière bois. Et puis il y a les mauvaises habitudes du marché de la consommation. Qui peut prouver que les poëles à bois sont indispensables. Et l’on ne parle pas des immenses centrales à bois, type aéroport de Roissy. La filière bois énergie devient presque une propagande incontournable. Mais sûrement encore une impasse. Comme la voiture électrique.
Le grand public doit être informé. Ce qui est intéressant par exemple, quand on se promène en forêt en hiver par exemple, c’est que si l’on voit du vert presque partout, c’est le résultat d’un enrésinement galopant du pin sylvestre qui envahit tout le massif (les 3 quarts actuellement). Cet envahissement, ni contrôlé, ni maîtrisé, sans stratégie d’inverser la tendance, provoquera une situation dramatique à terme. Maladies, incendies à répétition. Et ce ne sont pas des drônes ou même des Canadairs qui suffiront à résoudre le problème. Sans compter l’appauvrissement de sols déjà bien malmené depuis cinquante ans. Pour bien raconter la forêt, nous donnerons la parole à des éco-correspondants, des scientifiques, des naturalistes, etc. Nous avons besoin de vous pour nous signaler des faits positifs ou des problèmes qui vous touchent : coupes abusives, dégradations multiples, tensions entre usagers, dépôts de déchets….Vous pouvez d’ores et déjà nous envoyer des infos sur le mail : sauvezlaforetdefontainebleau2022@yahoo.com
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MERCI À TOUTES ET TOUS

 

Sauvez la forêt de Fontainebleau

REJOIGNEZ CEUX QUI VEULENT UNE NATURE PROTÉGÉE ! SAVEFORESTOFONTAINEBLEAU

Vous croyez connaître la forêt de Fontainebleau ? Malgré ses labels de forêt de protection, réserve de Biosphère, aires Natura 2000, label de forêt d’Exception…L’intérieur de la forêt, ses écosystèmes, son patrimoine paysager n’est pas vraiment protégé. Nous sommes là pour mieux vous informer !

sauvezlaforetdefontainebleau.com

N’hésitez pas à nous aider! naturefontainebleaufrance

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À propos de SAUVEZ LA FORÊT DE FONTAINEBLEAU

Le but de ce site SAUVEZ LA FORÊT DE FONTAINEBLEAU est de faire découvrir au grand public, la face cachée de la gestion de ce massif unique au monde, mais très menacé. Derrière la propagande d’une belle forêt carte postale, se cachent de nombreux problèmes de gestion et de destructions des écosystèmes et de l’intégrité de la forêt. Vous informez vraiment et vous demandez de participer à ce sauvetage est de l’intérêt collectif.

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Rubriques résineuses et ensablées

VOUS POUVEZ RÉAGIR À CETTE RUBRIQUE

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Les associations à suivre

Certaines associations locales ou d’autres font preuve d’initiative pour protéger la forêt de Fontainebleau. A suivre. sauvezlaforetdefontainebleau.com

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Forêt au quotidien

Des petits reportages ou des petites photos pour commenter l’aspect de la forêt, des instants insolites, des détails biologiques.

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Interview exclusive

Francis Hallé parle de la forêt de Fontainebleau

 et de son projet de forêt primaire


Francis Hallé a un avis bien arrêté sur l’exploitation forestière, notamment en forêt de Fontainebleau et ailleurs. Il nous a expliqué comment sortir de la langue de bois des exploitants. Mais il nous a aussi informé des progrès de son grand projet de forêt primaire en Europe de l’ouest ou peut-être au sud. Ces confidences, il les a faites en janvier 2022, au château de Fontainebleau, lors d’un mini festival de la nature, organisé par Benoit Vincent, écrivain botaniste en résidence au château de Fontainebleau. Pour Francis Hallé, le créateur du radeau des cîmes, c’est un retour à ses racines. Il est en effet né le 15 avril 1938 à Seine Port, village bourgeois des bords de Seine, près de Melun. Il est né d’un père ingénieur agronome et d’une mère férue d’art, d’histoire et de poésie. Il est alors le benjamin d’une famille de sept enfants. Il se souvient des émotions vécues en forêt de Fontainebleau, notamment pendant la seconde guerre mondiale. « J’aimais bien grimper sur les rochers et j’ai été marqué par la présence de nombreuses grottes dans le massif. Et d’    ailleurs j’ai accompagné mes frères qui refusaient d’aller au Service du Travail Obligatoire (STO). A Seine Port ils se seraient faits prendre. Alors ils se cachaient dans les grottes de la forêt. » Mais Francis Hallé n’a pas suivi les rebondissements des batailles écologiques du massif de Fontainebleau. « J’ai lu des articles, mais au départ ma spécialité ce sont les forêts tropicales. » Mais que pense Francis Hallé de ces forêts péri-urbaines et de leur protection ? « D’abord il faut éviter le piétinement des sols. Si l’on piétine trop, on tue la possibilité que des arbres poussent. L’idéal, serait de marcher sur des caillebotis en bois, comme dans la forêt primaire de Pologne. Et le dépérissement des forêts? A Fontainebleau vous avez une forêt de pionniers. Donc il est normale qu’elle meurt. Et les pionniers sont remplacés par des post pionniers, via des graînes apportés par le vent, les oiseaux, les insectes. Il faudrait vérifier si c’est le cas à Fontainebleau. Les modes d’exploitation intensifs pratiqués ici depuis des années n’ont certainement rien arrangé. Dans une forêt comme Fontainebleau, il faut absolument couper le moins possible et garder le sous étage. Cette couverture sert à accueillir les post pionniers. Il ne faut pas beaucoup de lumière pour leur développement. Et de toute façon les coupes rases si elles devaient encore exister est une erreur majeure pour le développement et la conservation d’une forêt naturelle. » Francis Hallé s’interroge sur l’omniprésence des pins sylvestres. « On m’a dit que c’était les mêmes que dans les Landes. Les sols pauvres favorisent leur développement, surtout si ce phénomène n’est pas maîtrisé!» Rappelons que voilà trois ans, l’ancien directeur territorial de l’ONF, confirmait que dans les années 1850, les responsables de l’exploitation forestière ne cachait pas leur projet d’appliquer la recette des Landes à Fontainebleau. Un projet plus que réussi. Mais à quel prix pour la biodiversité ? Le débat est loin d’être fini. 


UN PROJET DE FORÊT PRIMAIRE QUI AVANCE À GRAND PAS


Francis Hallé, spécialiste des forêts tropicales, est un fervent défenseur des forêts primaires. C’est à dire des forêts jamais exploitées par l’homme, qui ne représentent plus qu’actuellement qu’entre 5 et 10 % des massifs terrestres. Et qui pourtant constituent la plus grosse réserve de biodiversité de notre planète. Alors, Francis Hallé a lancé voilà quelques mois le projet de créer une forêt primaire en Europe de l’ouest, d’environ 70 000 hectares. C’est à dire l’équivalent de 3 fois la forêt de Fontainebleau. Un rêve qui date de vingt ans. Il nous explique ou en est le projet. « Notre association (Association Francis Hallé pour la forêt Primaire) a maintenant plus de  3000 adhérents et parmi eux beaucoup de jeunes qui se passionnent pour ce projet. Nous avons commencé à explorer les 6 pistes de travail pouvant conduire au projet de forêts. C’est à dire 6 sites de forêts déjà existantes, transfrontalières. On a vu celle des Vosges. On va aller voir prochainement celle des Ardennes. Et il y en a d’autres. Et pas seulement dans le nord est. Une autre solution est intéressante. Entre la France et l’Espagne, dans les Pyrénées Orientales. Il y a une forêt très belle. Elle n’est pas exploitée côté français. Mais elle l’est côté espagnol. » Et comment serait gérée cette future forêt primaire ? « Outre la protection de la nature, nous voulons que ce soit un facteur de développement économique et social pour le secteur qui sera choisi. Des emplois seront créés : guides, gardes forestiers, création de pare-feux, etc. En Pologne, la seule forêt primaire d’Europe attire des milliers de touristes. Il faut créer des hébergements. Et d’un point de vue botaniste et biologique, ce qui intéresse les scientifiques, c’est la formation et l’évolution d’une forêt primaire. On peut attirer des chercheurs du monde entier. On espère choisir en 2022.

On a été invité par le conseiller écologique de Macron et il vient de nous rappeler. Comme Macron prend la présidence de l’Europe pour plusieurs mois, c’est le moment idéal pour concrétiser ce projet. » Original, Francis Hallé espère, pourquoi pas faire visiter cette forêt avec un radeau des cîmes, implanter une université européenne de l’arbre et de la forêt. » Mais Francis Hallé a bien d’autres occupations. « Je terminerais bientôt un livre intitulé : La Beauté du vivant! Je déplore que les scientifiques par exemple n’utilise pas plus le terme de beauté de la nature pour évoquer leurs travaux. Le grand public que je rencontre est avant tout sensible à la beauté de la nature. Et c’est par ce bien que je souhaite les sensibiliser à la préservation du vivant. Et je suis d’accord avec mon collègue Benoit Vincent (NDLR : écrivain-botaniste en résidence au château de Fontainebleau depuis un an), il faut que l’Education Nationale donne une grande place à ce que j’appellerais la Science de la Vie. Quand j’étais jeune à l’école, on dessinais des plantes et des animaux. J’ai même conservé ces dessins. » Francis Hallé fait feu de tout bois puisqu’il va lancer également un projet de jardin botanique pour la Corse. Une première dans l’Ile de Beauté! Vous pouvez vous renseignez sur le projet de Francis Hallé sur www.foretprimaire-francishalle.org

Pascal Villebeuf

Reporter

Spécialiste de la forêt de Fontainebleau, conférencier, organisateur de chantier de lutte contre les plantes et arbres invasifs.


Légende photo : Francis Hallé, participait en janvier dernier à une conférence au château de Fontainebleau. Nous l’avons associé à un arbre du massif (montage photo) pour coller au sujet. Copyright Pascal Villebeuf

 

LES RENDEZ VOUS ECOLOGIQUES

VENEZ DÉCOUVRIR LA FORÊT AUTREMENT !!!!

L’association Sauvez la forêt de Fontainebleau organise les 11 et 18 décembre 2022, des chantiers d’élimination ou de limitation des plantes et arbres invasifs, sur le terrain. Vous pouvez vous inscrire sur le mail : sauvezlaforetdefontainebleau@yahoo.com

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